Introduction
Le projet de loi de finances pour 2026, présenté fin 2025, vise à redresser les finances publiques françaises dans un contexte de déficit élevé. Avec un déficit public prévu à 4,7 % du PIB en 2026 contre 5,4 % en 2025, ce budget mise sur des baisses de dépenses et des ajustements fiscaux ciblés. Pour les ménages aux petits budgets, ces mesures impactent directement retraites, aides sociales et impôts. Cet article décortique simplement ce qui change à partir du 1er janvier 2026, avec des exemples concrets pour budgets modestes de 50 à 500 €/mois d'épargne.
Les objectifs globaux du budget 2026
Le gouvernement ambitionne un rééquilibrage budgétaire sans hausse généralisée d'impôts pour les classes moyennes. L'inflation est estimée à 1,1 % en 2025, influençant les indexations. Principales pistes : réduction des dépenses de l'État, reconduction de mesures fiscales exceptionnelles et investissements ciblés.
Points clés chiffrés :
- Déficit public : 4,7 % du PIB en 2026.
- Inflation projetée : 1,1 % en 2025.
Point de vigilance : Les efforts d'économies touchent tous les secteurs, y compris les aides sociales. Pour un petit budget, surveillez l'impact indirect via l'inflation réelle, souvent supérieure aux prévisions officielles.
Mesures fiscales pour les ménages
Abattement sur les pensions de retraite
L'abattement proportionnel de 10 % sur les pensions est remplacé par un abattement forfaitaire : 2 000 € pour un célibataire et 4 000 € pour un couple. Cela bénéficie surtout aux retraités modestes, car l'abattement fixe est plus avantageux pour les faibles revenus.
Exemple concret : Pour une pension de 1 200 €/mois (annuel 14 400 €), l'ancien abattement de 10 % donnait 1 440 € déductibles. Le nouveau forfait de 2 000 € augmente l'avantage de 560 €, soit environ 47 €/mois d'impôt en moins (tranche à 11 %).
Point de vigilance : Cet abattement ne compense pas l'inflation sur les retraites, gelée partiellement. Fiscalité à la sortie : les pensions restent imposables au barème progressif.
Gel de l'indexation du barème de l'impôt sur le revenu
Le barème de l'IR n'est pas revalorisé sur l'inflation, ce qui crée un « impôt furtif ». Pour un salaire net de 1 800 €/mois, cela peut alourdir la note de 20 à 50 €/an.
Point de vigilance : Frais caché de l'inflation : vos impôts grimpent mécaniquement si vos revenus augmentent légèrement.
Autres aides et coupes
- Réduction de 200 millions d'euros sur l'aide médicale d'État (AME).
- Hausse de 85 millions d'euros pour l'hébergement d'urgence.
Pas d'augmentation massive de la prime d'activité confirmée, contrairement aux rumeurs.
| Mesure | Impact pour célibataire à 1500 € net/mois | Impact pour couple à 2500 € net/mois | Verdict pour un petit budget |
|---|---|---|---|
| Abattement pensions | +47 €/mois si retraité | +94 €/mois si couple retraité | Positif si pension <25 000 €/an |
| Gel barème IR | +30 €/an d'impôt | +50 €/an d'impôt | Négatif, rogne le pouvoir d'achat |
| AME réduite | Pas d'impact direct | Pas d'impact direct | Neutre sauf si bénéficiaire |
Mesures pour les entreprises et l'économie
Fiscalité des entreprises
- Reconduction de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés (IS) pour 4 milliards d'euros.
- Contribution différentielle sur les hauts revenus reconduite.
- Nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales, visant les grandes fortunes.
Ces mesures rapportent sans toucher les PME. Investissements maintenus dans agriculture, logement et universités, mais « année blanche » pour 1 milliard d'euros d'aides France 2030.
Point de vigilance : Pour freelances ou micro-entreprises (chiffre d'affaires < 77 700 €), pas de baisse d'IS. Frais cachés : la taxe sur holdings peut indirectement freiner les investissements familiaux.
Financement des collectivités
Point d'achoppement majeur : débats sur la dotation globale de fonctionnement (DGF). Proposition d'indexation annuelle sur l'inflation dès 2026, mais pas actée. Suppression de certains plafonnements.
Impact pour petits budgets : Maintien des services locaux (crèches, transports) essentiel pour ménages modestes.
Conséquences sur les finances personnelles modestes
Pour un budget serré (50-500 €/mois d'épargne), priorisez :
- Vérifiez votre éligibilité à l'abattement retraite via simulateur impots.gouv.fr.
- Anticipez le gel IR en optimisant niches (épargne logement, dons).
Exemple concret : Sophie, 58 ans, aide-soignante à Marseille, touche 1 650 € net/mois + pension future estimée 1 300 €/mois. Avec l'abattement 2 000 €, elle économise 44 €/an d'IR. Mais le gel barème lui coûte 25 €. Notre calcul : Net +19 €/an, à placer sur Livret A (taux 3 % brut).
Point de vigilance : Inflation à 1,1 % officielle vs. 2-3 % ressentie (alimentation, énergie). Vos 100 € d'épargne mensuelle perdent du pouvoir d'achat.
Avis des experts
Approche prudente : Les économistes comme ceux du Sénat alertent sur les coupes (AME, RLS à 900 millions d'euros). Attendez les textes définitifs avant de modifier vos déclarations, car le PLF peut être amendé jusqu'en décembre 2025.
Approche opportuniste : L'abattement fixe sur retraites est une aubaine pour 3 millions de pensionnés modestes. Profitez-en pour déclarer au forfait si avantageux, et investissez les économies en assurance-vie euro (rendement 2,5-3 %).
Notre conseil : Pour petits budgets, simulez votre IR 2026 dès maintenant. Priorisez un fonds d'urgence 3-6 mois de dépenses avant tout investissement. Évitez les placements risqués face aux incertitudes budgétaires.
Ce qu'il faut retenir
1. Simulez l'impact de l'abattement 2 000 € sur votre pension via impots.gouv.fr avant 30 avril 2026.
2. Budgetez +30-50 €/an pour le gel du barème IR et ajustez vos virements d'épargne.
3. Surveillez les débats sur la DGF : ils conditionnent vos aides locales dès janvier 2026.