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Déficit à 5% en 2026 : pourquoi le gouverneur de la Banque de France juge cette baisse insuffisante

Idris Nuguse Idris Nuguse
27 janvier 2026
14 min de lecture
Déficit à 5% en 2026 : pourquoi le gouverneur de la Banque de France juge cette baisse insuffisante

📌 L'essentiel

  • Le déficit public français devrait passer de 5,4% en 2025 à 5% en 2026, mais le gouverneur de la Banque de France aurait souhaité une réduction sous les 5%
  • La France risque un triple étouffement budgétaire, économique et générationnel avec une dette qui atteint 117,4% du PIB soit 3482 milliards d'euros
  • L'incertitude politique coûte au moins 0,2% de croissance à la France et les marchés financiers pourraient se retourner brutalement contre le pays

Introduction

Samedi 24 janvier 2026, François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, a déclaré qu'il aurait souhaité une réduction plus forte du déficit public. Alors que le budget 2026 prévoit de ramener le déficit de 5,4% en 2025 à 5% en 2026, cette baisse ne suffit pas selon lui. Derrière ce chiffre apparemment technique se cache une réalité qui va impacter directement votre quotidien : vos impôts, votre épargne, votre pouvoir d'achat.

Depuis 10 ans que je suis les finances publiques françaises pour préparer ma retraite anticipée, je n'ai jamais vu une telle accumulation de signaux d'alerte. Ce n'est pas une simple querelle de comptables à Bruxelles. C'est votre argent, votre avenir et celui de vos enfants qui sont en jeu. Laissez-moi vous expliquer pourquoi cette déclaration du gouverneur n'est pas anodine et ce que ça signifie concrètement pour vous.

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Pourquoi 5% de déficit, c'est entrer dans la zone rouge

François Villeroy de Galhau a été très clair : si la France ne réduit pas son déficit à maximum 5% du PIB en 2026, elle se met dans la zone rouge de danger. Ce n'est pas une formule pour faire peur, c'est une analyse factuelle d'un homme qui observe les marchés financiers depuis des décennies.

Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire "zone rouge de danger" ? Plusieurs éléments pourraient se retourner : des procédures de sanctions européennes qui repartent, des nouvelles dégradations de la notation de la France, des investisseurs à court terme comme les hedge funds qui se retirent. En langage simple : les prêteurs internationaux pourraient commencer à nous faire payer plus cher pour nous prêter de l'argent.

Et là, vous allez me dire : "Idris, en quoi ça me concerne si l'État paie plus cher ses emprunts ?" Eh bien tout simplement parce que ça fait monter le taux des prêts aussi pour les entreprises et les crédits immobiliers. Si vous prévoyez d'acheter un appartement dans les prochaines années, ou si votre entreprise a besoin d'emprunter pour investir (et donc potentiellement vous embaucher ou vous augmenter), tout est lié.

Ce que je trouve particulièrement inquiétant, c'est que les marchés financiers sont calmes jusqu'à présent, mais ils pourraient se retourner brutalement. C'est exactement comme une avalanche : tout semble stable, puis d'un coup, ça dérape. Ne vous laissez pas impressionner par le calme apparent actuel.

Point de vigilance : L'histoire économique nous montre que les crises de dette souveraine arrivent toujours plus vite qu'on ne le pense. La Grèce en 2010 en est l'exemple parfait.

La dette française atteint des sommets historiques

Parlons maintenant du vrai problème de fond : notre dette publique. Au troisième trimestre 2025, la dette publique française s'élevait à 3 482 milliards d'euros, soit 117,4% du PIB. Pour vous donner un ordre d'idée, c'est environ 50 000 € de dette par Français, bébés compris.

Avec ce niveau, la France affiche la troisième dette la plus élevée de l'Union européenne, derrière la Grèce et l'Italie. On est dans le trio de tête des mauvais élèves européens. Et contrairement à nos voisins qui ont réussi à stabiliser ou réduire leur endettement après le Covid, la France n'est pas parvenue à inverser la tendance. En un an, la dette publique s'est alourdie de 181 milliards d'euros.

Ce qui me frappe le plus dans ces chiffres, c'est la vitesse d'accélération. Sur la période estivale, l'endettement a progressé de 65,9 milliards d'euros, après déjà une hausse de plus de 70 milliards au trimestre précédent. C'est plus de 130 milliards d'euros en seulement six mois. À ce rythme-là, on fonce droit dans le mur.

Le gouverneur de la Banque de France utilise un terme particulièrement parlant pour décrire ce qui nous attend si on ne change pas de cap : la France ne risque pas la faillite, mais la France risque un étouffement à plusieurs dimensions.

Le triple étouffement qui nous menace tous

Villeroy de Galhau identifie trois types d'étouffement qui vont nous toucher directement. Laissez-moi vous les expliquer dans l'ordre de gravité pour vos finances personnelles.

L'étouffement budgétaire : moins d'argent pour les services publics

Les intérêts de la dette vont augmenter en dix ans de 70 milliards d'euros que nous ne pouvons plus consacrer aux dépenses prioritaires. Concrètement, ça veut dire quoi ? Que chaque euro payé en intérêts de la dette, c'est un euro qui ne va pas dans les hôpitaux, les écoles, les routes, la police.

Pour vous donner un ordre d'idée, en 2027, les intérêts de la dette publique coûteront davantage que le budget aujourd'hui consacré à l'Éducation nationale. En 2025, le budget de l'Éducation nationale est de 63 milliards d'euros, et les intérêts de la dette publique atteignent les 62 milliards d'euros. Dans deux ans, on paiera plus d'intérêts qu'on n'investit dans l'éducation de nos enfants. Laissez ça vous entrer dans la tête une seconde.

L'étouffement économique : des crédits plus chers pour tous

Comme je vous l'expliquais plus haut, quand l'État paie plus cher pour emprunter, ça se répercute sur tous les taux d'intérêt de l'économie. Votre crédit immobilier, votre crédit auto, le financement de votre entreprise : tout devient plus cher.

Sur le long terme, voici ce qui compte : l'incertitude politique nationale coûte au moins 0,2% de croissance à la France. Ça peut paraître peu, mais sur 10 ans, c'est énorme. Une croissance plus faible, c'est moins d'emplois créés, moins d'augmentations de salaires, moins d'opportunités.

L'étouffement générationnel : la facture pour vos enfants

C'est sans doute le point qui me touche le plus personnellement. Nous sommes en train de choisir les seniors contre les jeunes, puisqu'on fait plus de dépenses de retraite et plus de déficit. On transfère la facture à la génération suivante.

J'ai 35 ans, et quand je regarde les chiffres, je me dis qu'on est en train de plomber l'avenir de la génération qui arrive. Les jeunes qui entrent sur le marché du travail aujourd'hui vont devoir rembourser la dette qu'on accumule. C'est pour ça que je me prépare à une retraite anticipée : je ne veux pas dépendre d'un système qui sera encore plus sous pression dans 20 ou 30 ans.

Pourquoi la Banque de France aurait voulu mieux

Revenons à la déclaration initiale de Villeroy de Galhau. Le gouvernement vise un déficit de 5% inscrit dans le budget qui devrait être définitivement adopté, mais le gouverneur aurait souhaité une réduction plus forte. Pourquoi cette insatisfaction ?

D'abord, il faut comprendre le contexte européen. Sept États membres de l'Union européenne ont dépassé en 2023 la limite des 3% de déficit public fixée par le Pacte de stabilité et de croissance. Il s'agit de la Belgique, de la France, de l'Italie, de la Hongrie, de Malte, de la Pologne et de la Slovaquie. Le Conseil de l'Union européenne a approuvé l'ouverture de procédures de déficit excessif à l'encontre de ces pays.

La France s'est engagée à revenir à 3% en 2029. Ce sont nos engagements européens, mais surtout, c'est le niveau où le poids de la dette française va commencer à diminuer. Pour tenir cet objectif, il faudrait réduire le déficit d'environ 0,6 point de PIB par an pendant quatre ans. Avec une baisse de seulement 0,4 point prévue entre 2025 et 2026 (de 5,4% à 5%), on n'est pas sur la bonne trajectoire.

En 2025, nous avons réussi à réduire le déficit de 5,8% probablement à 5,4%. Et donc si on dit qu'en 2026, on passe de 5,4% à 5%, c'est la même marche. Le gouverneur reconnaît l'effort, mais il sait que ça ne suffira pas pour atteindre l'objectif de 2029.

Frais caché : Ce que personne ne vous dit, c'est que si la France ne respecte pas sa trajectoire, les taux d'intérêt sur la dette pourraient augmenter progressivement, rendant encore plus difficile le retour à l'équilibre. C'est un cercle vicieux.

Les solutions préconisées : stabiliser les dépenses, pas augmenter les impôts

Sur la méthode pour réduire le déficit, Villeroy de Galhau est très clair. Il faut la stabilisation des dépenses et une sagesse sur les impôts. La stabilisation des dépenses, notamment côté État, parce que nous avons les dépenses publiques les plus élevées, non seulement d'Europe, mais du monde.

Vous avez bien lu : les plus élevées du monde. Pas seulement d'Europe, du monde entier. On dépense plus en proportion de notre richesse que n'importe quel autre pays développé. C'est un fait objectif.

Du côté des impôts, il reconnaît que nous n'avons plus d'argent pour baisser les impôts et qu'il y a certaines mesures de justice nécessaires. Il y a la justification de certaines mesures ciblées et temporaires, tant que le déficit n'est pas revenu sous 3%.

Ce que j'en retiens pour mes finances personnelles ? Ne comptez pas sur des baisses d'impôts dans les années qui viennent. Au mieux, on aura une stabilité fiscale. Au pire, on verra des hausses ciblées sur certaines catégories (grandes entreprises, hauts revenus). Pour nous, épargnants moyens, l'important c'est de se préparer à un environnement fiscal qui ne sera pas plus favorable qu'aujourd'hui.

Le gouverneur a souligné : arrêtons de jouer avec l'impôt, la créativité fiscale est très négative pour le moral des entrepreneurs et du coup pour la confiance économique. Ça, c'est une vraie bonne nouvelle : on devrait avoir une certaine prévisibilité fiscale, ce qui permet de mieux planifier son épargne et ses investissements.

L'impact sur votre épargne et vos investissements

Maintenant, parlons concret : qu'est-ce que ça change pour vous, épargnant avec un petit budget de 50 à 500 € par mois ?

Les livrets réglementés restent attractifs... pour l'instant

Le taux du Livret A, actuellement de 2,5%, restera significativement supérieur à l'inflation (0,8%). C'est une bonne nouvelle : votre épargne de précaution sur les livrets réglementés (Livret A, Livret de Développement Durable et Solidaire) continue de vous protéger de l'inflation.

Mais attention, ne vous laissez pas impressionner par ce taux positif. Sur le long terme, les livrets ne vous permettront jamais de vous enrichir. Ils sont là pour votre épargne de sécurité (3 à 6 mois de dépenses), pas pour construire votre patrimoine.

Les crédits immobiliers : une fenêtre d'opportunité

Bonne nouvelle pour ceux qui veulent acheter : c'est le bon moment pour un emprunt immobilier, avec des taux en moyenne autour de 3,1% pour un crédit à vingt ans. Sur les onze premiers mois de 2025, les montants de crédits accordés dépassaient de 35% ceux accordés de janvier à novembre 2024.

Si vous avez un projet immobilier et un apport, c'est peut-être le moment d'agir avant que la situation budgétaire de la France ne dégrade encore les conditions d'emprunt.

Diversifiez vers des placements longs

Le gouverneur suggère de donner le maximum de choix aux Français avec des produits à horizon long, comme les Plans d'Épargne Retraite (PER), ou des produits davantage fléchés vers les fonds propres des entreprises, comme les actions.

C'est exactement ce que je fais personnellement depuis 10 ans. Mon allocation :

- 30% sur les livrets réglementés (sécurité)

- 40% sur un Plan d'Épargne en Actions (PEA) avec des Exchange Traded Funds (ETF) monde

- 20% sur un Plan d'Épargne Retraite (PER) pour la déduction fiscale

- 10% sur des Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) pour diversifier

Cette répartition me permet de profiter de la croissance économique mondiale (via les ETF), de réduire mes impôts (via le PER), et d'avoir une poche immobilière (via les SCPI) sans les contraintes de gestion.

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Exemple concret : Léa, 28 ans, et sa stratégie face à l'incertitude

Léa, 28 ans, infirmière à Lyon, gagne 2 200 € net par mois. Quand elle a entendu parler du déficit public et des risques pour les retraites, elle a commencé à s'inquiéter. Elle m'a contacté pour savoir comment adapter son épargne.

Voici ce qu'on a mis en place ensemble :

Épargne de précaution : 5 000 € sur le Livret A (environ 3 mois de dépenses). Ça lui permet de dormir tranquille.

Épargne mensuelle : 250 € par mois répartis ainsi :

  • 100 € sur un PEA avec un ETF monde (MSCI World) pour préparer sa retraite
  • 100 € sur un PER pour déduire fiscalement (elle est dans la Tranche Marginale d'Imposition à 11%, ça lui fait une économie de 11 € par mois)
  • 50 € qui restent sur le Livret A pour regonfler sa réserve si besoin

En 10 ans, si les marchés font du 7% par an en moyenne (historique long terme), Léa aura :

  • 17 300 € sur son PEA
  • 17 300 € sur son PER
  • Soit un total de 34 600 € (hors épargne de précaution)

Et surtout, elle dort tranquille. Elle sait qu'elle ne dépendra pas à 100% du système de retraite par répartition qui sera forcément sous tension dans 30 ans. Elle construit son propre filet de sécurité.

Ce que j'aime dans l'approche de Léa, c'est qu'elle n'attend pas que l'État résolve ses problèmes. Elle prend sa retraite en main, avec des montants accessibles. Pas besoin d'être riche pour commencer.

Mon avis : l'État ne vous sauvera pas

Après 10 ans à suivre les finances publiques françaises, j'ai une conviction profonde : vous ne pouvez pas compter sur l'État pour assurer votre avenir financier. Je ne dis pas ça par idéologie politique, je le dis par pragmatisme.

Les chiffres sont têtus. La France doit engager un ajustement budgétaire de 110 milliards d'euros, soit plus du double de celui évalué à l'été 2023. C'est colossal. Pour vous donner un ordre d'idée, c'est presque deux fois le budget de l'Éducation nationale qu'il faut économiser.

Comment va-t-on trouver ces 110 milliards ? Trois options :

1. Baisser les dépenses publiques (services publics, aides sociales, retraites)

2. Augmenter les impôts (sur les entreprises, les revenus, la consommation)

3. Un mix des deux

Dans tous les cas, ça va toucher votre portefeuille. Soit directement par plus d'impôts, soit indirectement par moins de services publics ou des retraites plus faibles.

C'est pour ça que je martèle ce message depuis des années : prenez votre avenir financier en main maintenant. Ne vous laissez pas impressionner par les montants. Même avec 50 € par mois, vous pouvez commencer à construire quelque chose.

L'important c'est la régularité et le temps. Dans 10 ans, vous me remercierez d'avoir commencé aujourd'hui. Dans 10 ans, ceux qui n'auront rien fait regarderont leur relevé de retraite et se demanderont comment ils vont s'en sortir.

Pour aller plus loin

Si vous voulez approfondir votre compréhension de l'économie et des finances publiques, je vous recommande trois lectures essentielles :

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Ces trois livres vous donneront les clés pour comprendre les mécanismes économiques, gérer vos biais comportementaux face à l'argent, et construire une stratégie d'indépendance financière adaptée au contexte français.

Ce qu'il faut retenir

1. Le déficit français à 5% en 2026 est jugé insuffisant par le gouverneur de la Banque de France. Au-delà de ce seuil, la France entre dans une zone de danger avec des risques de sanctions européennes et de hausse des taux d'intérêt.

2. La dette publique atteint 117,4% du PIB, soit 3 482 milliards d'euros ou 50 000 € par Français. La France est le troisième pays le plus endetté d'Europe et n'arrive pas à inverser la tendance contrairement à ses voisins.

3. Préparez-vous à un environnement fiscal stable mais pas favorable. Ne comptez pas sur des baisses d'impôts. Diversifiez votre épargne sur des placements longs (PEA, PER) et construisez votre propre filet de sécurité pour la retraite.

Rappelez-vous : l'État ne viendra pas vous sauver. Mais vous avez le pouvoir de prendre votre avenir financier en main, même avec un petit budget. Commencez aujourd'hui, même modestement. Sur le long terme, c'est la régularité qui paie, pas le montant initial.

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Idris Nuguse

Idris Nuguse

Autodidacte en finance depuis 10 ans, je me prépare une retraite anticipée grâce à l'épargne intelligente. Je décrypte l'actualité économique pour vous.