Introduction
Le Plan d'Épargne Retraite individuel (PER individuel) représente aujourd'hui la solution privilégiée pour se constituer un complément de retraite. Depuis sa création par la loi PACTE en 2019, ce produit d'épargne a remplacé le PERP et le contrat Madelin, qui ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. Avec des règles assouplies depuis janvier 2024 et des avantages fiscaux attractifs, le PER individuel s'adresse à tous ceux qui souhaitent préparer sereinement leur retraite. Que vous soyez salarié, indépendant ou sans activité, ce dispositif mérite toute votre attention pour optimiser votre épargne à long terme.
Qu'est-ce que le PER individuel et comment fonctionne-t-il ?
Le PER individuel, également appelé PERIN ou PERI, est un produit d'épargne retraite à long terme que vous alimentez librement par vos versements personnels, sans participation de votre employeur. Son objectif : vous constituer un capital ou une rente viagère que vous percevrez à partir de votre départ à la retraite.
Concrètement, le PER individuel peut prendre deux formes selon l'établissement choisi. Il peut s'agir d'un compte-titres (PER d'investissement) ouvert auprès d'une banque ou d'un courtier, ou d'un contrat d'assurance de groupe (PER d'assurance) souscrit auprès d'un assureur. Cette dualité vous offre une certaine flexibilité dans le choix de votre prestataire et des supports d'investissement.
L'un des atouts majeurs du PER individuel réside dans sa portabilité. Contrairement aux anciens dispositifs, vos droits sont transférables d'un PER à un autre, qu'il s'agisse d'un PER individuel, collectif ou obligatoire. Depuis le 1er janvier 2023, les frais de transfert sont plafonnés à 1% maximum de l'encours pour les contrats de moins de 5 ans, et le transfert devient totalement gratuit au-delà.
Qui peut ouvrir un PER individuel en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2024, les règles d'ouverture du PER individuel ont été modifiées. Vous devez désormais avoir 18 ans révolus pour souscrire ce type de contrat. Cette modification fait suite à la création du Plan Épargne Avenir Climat, destiné aux mineurs.
Les PER individuels ouverts avant cette date au nom d'enfants mineurs restent valides, mais aucun versement ne peut être effectué tant que le titulaire n'a pas atteint sa majorité. Cette règle vise à clarifier l'offre d'épargne longue pour les jeunes générations.
Il n'existe aucune condition de nationalité pour ouvrir un PER individuel. Que vous soyez salarié, travailleur indépendant, fonctionnaire ou même sans activité professionnelle, vous pouvez souscrire un PER individuel auprès de l'établissement de votre choix : banque, assureur, mutuelle ou organisme de prévoyance.
Les versements sur le PER individuel : liberté et flexibilité
L'un des grands avantages du PER individuel est la totale liberté dont vous disposez pour effectuer vos versements. Vous décidez du montant et de la fréquence : versements ponctuels, mensuels, trimestriels ou annuels, tout est possible selon votre capacité d'épargne.
Le montant minimum d'ouverture varie selon les établissements, mais reste généralement accessible. Certains contrats acceptent un premier versement dès 100€, tandis que d'autres peuvent exiger 500€ ou plus. De même, les versements ultérieurs peuvent être libres ou soumis à un minimum défini par votre contrat.
Vous pouvez également alimenter votre PER individuel par le transfert d'autres produits d'épargne retraite : un ancien PERP, un contrat Madelin, un PER collectif ou obligatoire, voire un contrat article 83. Cette possibilité de centralisation simplifie considérablement la gestion de votre épargne retraite.
Attention toutefois : une fois versées sur le PER individuel, vos sommes sont bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. Cette contrainte constitue à la fois un inconvénient (manque de liquidité) et un avantage (discipline d'épargne garantie).
Les avantages fiscaux du PER individuel : un levier d'optimisation puissant
Le PER individuel offre un avantage fiscal majeur : vos versements sont déductibles de votre revenu imposable, dans certaines limites. Cette déduction s'effectue l'année du versement, ce qui réduit immédiatement votre impôt sur le revenu.
Pour 2026, le plafond de déduction correspond au plus élevé des deux montants suivants :
- 10% de vos revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 35194€ (soit un plafond maximal de déduction de 35194€)
- Ou un montant forfaitaire de 4399€ si vous n'avez pas de revenus professionnels ou si 10% de vos revenus sont inférieurs à ce montant
Si vous êtes travailleur indépendant, le calcul diffère légèrement. Vous pouvez déduire 10% de votre bénéfice imposable, dans la limite de 351936€, plus 15% de la fraction de ce bénéfice comprise entre 43992€ et 351936€.
Un point crucial : cette déduction fiscale n'est pas obligatoire. Vous pouvez choisir de ne pas déduire vos versements de votre revenu imposable. Dans ce cas, vous bénéficierez d'une fiscalité plus avantageuse à la sortie, puisque seuls les gains seront imposés, et non le capital constitué par vos versements.
La sortie du PER individuel : capital, rente ou les deux ?
Au moment de votre départ à la retraite, vous devez choisir la forme de récupération de votre épargne. Le PER individuel vous offre trois options :
La sortie en capital vous permet de récupérer l'intégralité de votre épargne en une ou plusieurs fois. Cette option offre une grande souplesse et peut s'avérer intéressante si vous avez un projet précis (travaux, aide aux enfants, voyage...).
La sortie en rente viagère vous garantit un revenu régulier jusqu'à votre décès. Le montant de cette rente dépend de votre épargne accumulée, de votre âge au moment de la liquidation et des tables de mortalité utilisées par l'assureur.
La sortie mixte combine capital et rente. Vous pouvez par exemple récupérer 30% en capital pour financer un projet immédiat, et convertir les 70% restants en rente pour sécuriser un complément de revenu régulier.
La fiscalité de sortie dépend de votre choix initial concernant la déduction des versements. Si vous avez déduit vos versements, le capital ou la rente seront imposés selon le barème progressif de l'impôt sur le revenu, après un abattement de 10% pour la rente. Si vous n'avez pas déduit vos versements, seuls les gains seront imposés, au choix selon le barème progressif ou le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%.
Les cas de déblocage anticipé : quand récupérer son épargne avant la retraite
Bien que le PER individuel soit conçu pour une épargne bloquée jusqu'à la retraite, la loi prévoit huit situations permettant un déblocage anticipé :
- Décès du conjoint ou partenaire de PACS
- Invalidité (vous, votre conjoint, partenaire de PACS ou enfants) classée en 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie
- Surendettement avec validation par la commission de surendettement
- Expiration des droits au chômage
- Cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire
- Acquisition de la résidence principale (sauf pour les sommes issues d'un PER d'entreprise)
- Remise en état de la résidence principale après catastrophe naturelle
- Violences conjugales avec ordonnance de protection
Ces situations exceptionnelles permettent de débloquer tout ou partie de votre épargne sans pénalité, mais avec une fiscalité spécifique selon les cas.
Comment choisir son PER individuel : les critères essentiels
Face à la multiplication des offres, choisir son PER individuel nécessite de comparer plusieurs critères déterminants.
Les frais constituent le premier élément à examiner attentivement. Vous devrez supporter des frais d'entrée (ou de versement), des frais de gestion annuels, et potentiellement des frais d'arbitrage si vous modifiez la répartition de votre épargne. Certains contrats affichent des frais d'entrée de 0% tandis que d'autres peuvent atteindre 5%. Les frais de gestion oscillent généralement entre 0,5% et 1,5% par an.
Les supports d'investissement disponibles varient considérablement d'un contrat à l'autre. Un bon PER individuel doit vous proposer à la fois des fonds en euros sécurisés et une gamme diversifiée d'unités de compte (actions, obligations, immobilier, etc.). Vérifiez également la présence de gestion pilotée, qui adapte automatiquement votre allocation d'actifs à votre âge.
La performance des fonds en euros et des unités de compte doit être analysée sur le long terme. Un fonds euros qui a rapporté 2,5% en moyenne sur 5 ans sera plus intéressant qu'un fonds à 3% une année puis 1% les suivantes.
La solidité financière de l'établissement gestionnaire est cruciale puisque votre épargne sera bloquée pendant de nombreuses années. Privilégiez les acteurs reconnus avec de bonnes notations financières.
PER individuel et petits budgets : est-ce accessible ?
Contrairement aux idées reçues, le PER individuel n'est pas réservé aux hauts revenus. Même avec un budget d'épargne modeste de 50€ à 500€ par mois, ce dispositif peut s'avérer pertinent.
Pour un budget de 100€ par mois, soit 1200€ par an, vous constituez progressivement un capital retraite tout en bénéficiant d'une réduction d'impôt immédiate. Si vous êtes imposé dans la tranche à 30%, cette déduction vous fait économiser 360€ d'impôt, ce qui réduit votre effort d'épargne réel à 840€ par an.
La clé pour les petits budgets consiste à automatiser les versements. En programmant un virement mensuel de 50€ ou 100€, vous épargnez sans y penser et évitez la tentation de dépenser cet argent autrement.
Privilégiez les contrats avec des frais réduits et des minimums de versement bas. Certains PER acceptent des versements mensuels dès 25€, ce qui les rend accessibles à tous.
N'oubliez pas que vous pouvez moduler vos versements selon vos capacités. En période de dépenses exceptionnelles, vous pouvez suspendre temporairement vos versements, puis les reprendre ensuite.
Les erreurs à éviter avec le PER individuel
Plusieurs pièges peuvent réduire l'efficacité de votre PER individuel. Verser sans stratégie fiscale constitue la première erreur. Si vous n'êtes pas imposable ou faiblement imposé, l'avantage fiscal du PER perd de son intérêt. Dans ce cas, privilégiez d'autres solutions d'épargne plus liquides.
Négliger les frais peut considérablement amputer votre performance. Sur 30 ans, la différence entre des frais de 0,8% et 1,5% par an représente plusieurs dizaines de milliers d'euros de moins à la retraite.
Tout miser sur le fonds euros par excès de prudence peut également limiter votre rendement. Avec un horizon de placement long (20, 30 ou 40 ans), une allocation diversifiée incluant des actions offre généralement de meilleures perspectives.
Oublier de mettre à jour ses bénéficiaires en cas de changement de situation familiale (mariage, PACS, naissance, divorce) peut créer des complications successorales.
Enfin, bloquer toute son épargne disponible dans un PER sans conserver une épargne de précaution accessible (livret A, LDDS) constitue une imprudence. Gardez toujours 3 à 6 mois de dépenses courantes sur une épargne disponible avant d'alimenter votre PER.
PER individuel vs autres solutions d'épargne retraite
Le PER individuel n'est pas la seule solution pour préparer sa retraite. L'assurance-vie reste une alternative intéressante, notamment pour sa souplesse. Contrairement au PER, vous pouvez récupérer votre argent à tout moment, et la fiscalité devient très avantageuse après 8 ans de détention. En revanche, les versements ne sont pas déductibles fiscalement.
Le PER d'entreprise (collectif ou obligatoire) bénéficie souvent d'un abondement de votre employeur, ce qui constitue un avantage considérable. Si votre entreprise propose un tel dispositif avec abondement, privilégiez-le en priorité avant d'alimenter un PER individuel.
L'investissement immobilier locatif représente une autre approche pour se constituer des revenus complémentaires à la retraite. Toutefois, cette solution nécessite un capital initial important et implique une gestion active.
Pour les travailleurs indépendants, le contrat Madelin (pour ceux souscrits avant octobre 2020) offrait des plafonds de déduction plus élevés, mais le PER individuel propose désormais une flexibilité supérieure.
La meilleure stratégie consiste souvent à diversifier : un PER individuel pour l'avantage fiscal et la discipline d'épargne, une assurance-vie pour la souplesse, et éventuellement de l'immobilier selon vos capacités.
Pour aller plus loin
Conclusion
Le PER individuel s'impose comme un outil incontournable de préparation à la retraite en 2026. Accessible dès 18 ans, il combine avantage fiscal immédiat, souplesse de gestion et portabilité des droits. Que vous disposiez de 50€ ou 500€ par mois à épargner, ce dispositif mérite votre attention, à condition de bien choisir votre contrat et d'adopter une stratégie adaptée à votre situation fiscale et patrimoniale. N'attendez pas pour vous lancer : chaque année compte pour maximiser l'effet des intérêts composés et vous assurer une retraite sereine. Prenez rendez-vous avec un conseiller pour identifier le PER individuel le plus adapté à votre profil et commencez dès aujourd'hui à construire votre avenir.