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Taux d'emprunt à 3,35% sur 25 ans en 2026 - Comment ils sont fixés et pourquoi les banques ne baissent pas seuls

Idris Nuguse Idris Nuguse
16 janvier 2026
7 min de lecture
Taux d'emprunt à 3,35% sur 25 ans en 2026 - Comment ils sont fixés et pourquoi les banques ne baissent pas seuls

📌 L'essentiel

  • En janvier 2026, les taux moyens sur 20 ans s'établissent à 3,31% selon Pretto, avec un taux d'usure plafonné à 5,13% pour 20 ans et plus.
  • La BCE fixe son taux directeur à 2,90% fin 2025, influençant directement les coûts d'emprunt des banques qui répercutent ces hausses.
  • Les banques ne baissent pas les taux seules car elles doivent respecter le taux d'usure de la Banque de France et couvrir leurs coûts de refinancement.

Introduction

Imaginez que vous voulez acheter un petit appartement, mais chaque mois, la banque vous demande une mensualité qui grignote votre budget serré de 50 à 500 €. En janvier 2026, les taux d'emprunt immobilier tournent autour de 3,31 % sur 20 ans, jugés élevés par beaucoup. Pourquoi ces taux ne baissent-ils pas malgré vos négociations ? Cet article explique simplement comment ils sont décidés, comme si on parlait d'un thermostat qui régule la chaleur dans une maison. On décortique le rôle de la Banque centrale européenne (BCE), des banques françaises et des règles strictes, avec des astuces pour petits budgets.

Comment les taux d'emprunt sont-ils décidés ? Le rôle clé de la BCE

Les taux d'emprunt ne sortent pas de nulle part, comme le prix du pain qui dépend du coût de la farine. Tout commence par la BCE, la banque centrale de la zone euro, qui fixe son taux directeur – c'est le coût auquel les banques empruntent de l'argent à la BCE pour prêter ensuite aux particuliers comme vous.

En janvier 2026, le taux BCE est à 2,90 %, en légère baisse par rapport à des sommets passés, mais toujours élevé pour contenir l'inflation. Quand la BCE monte son taux, les banques paient plus cher leur argent, et elles répercutent cela sur vos crédits immobiliers. C'est comme une chaîne : la BCE actionne le robinet, et l'eau (les taux) coule plus chaude ou plus froide pour tout le monde.

Point de vigilance : L'inflation, ce voleur silencieux qui ronge votre pouvoir d'achat, pousse la BCE à garder des taux hauts. Si elle baisse trop vite, les prix repartent à la hausse, et votre loyer ou vos courses coûtent plus cher.

Les banques françaises regardent aussi l'OAT 10 ans, le taux auquel l'État français emprunte sur 10 ans. En janvier 2026, il est autour de 3,60 %. Cet indicateur sert de boussole : si l'OAT monte, les taux immobiliers suivent, car les banques s'alignent sur le coût du marché.

Voici un tableau des taux moyens observés en janvier 2026 par durée, d'après plusieurs courtiers :

Durée du prêt Taux moyen janvier 2026 Évolution vs décembre 2025 Verdict pour un petit budget
15 ans 3,20 % +0,05 point Accès plus facile, mensualités plus élevées mais durée courte
20 ans 3,31 % Stable à +0,05 point Idéal pour équilibrer budget et durée
25 ans 3,40 % +0,05 à +0,07 point Mensualités basses mais plus d'intérêts totaux

Frais caché : N'oubliez pas les frais de dossier, souvent 1 % du prêt, qui s'ajoutent sans pitié à votre budget modeste.

Le taux d'usure : le plafond légal qui bride les banques

Les banques ne fixent pas les taux toutes seules, comme un boulanger qui ne peut pas vendre son pain au-dessus d'un prix max imposé par la loi. C'est le taux d'usure, calculé chaque trimestre par la Banque de France, qui pose un plafond strict. Au 1er trimestre 2026 (du 1er janvier au 31 mars), voici les limites :

  • Prêts < 10 ans : 4,12 %
  • 10 à <20 ans : 4,59 %
  • 20 ans et plus : 5,13 %
  • Taux variable : 4,99 %
  • Prêt relais : 6,15 %

Ces taux sont en légère baisse vs fin 2025, ce qui laisse un peu d'air aux emprunteurs. Mais attention : le taux d'usure inclut les intérêts + assurance + frais obligatoires. Si une banque dépasse, le prêt est illégal !

Point de vigilance : Pour les petits budgets, vérifiez que votre assurance emprunteur (souvent 0,30 % à 0,50 % du capital) ne fait pas exploser le TAEG (taux annuel effectif global) vers le plafond. Choisissez une délégation d'assurance externe pour économiser jusqu'à 10 000 € sur 20 ans.

Les banques calculent leur marge : elles empruntent à la BCE à 2,90 %, ajoutent leurs coûts (gestion, risque de non-remboursement) et doivent rester sous 5,13 %. Résultat : pas de place pour baisser librement.

Pourquoi les banques ne peuvent pas baisser les taux elles-mêmes ?

Pensez aux banques comme à des supermarchés : elles achètent leurs produits (l'argent) à un prix fixé par les grossistes (BCE et marchés), et vendent avec une marge fixe. Si elles baissent trop les prix, elles perdent de l'argent !

1. Coût de refinancement : Les banques se financent sur les marchés à des taux liés à l'OAT (3,60 %). Baisser en dessous ? Impossible sans pertes.

2. Réglementation HCSF : Le Haut Conseil de Stabilité Financière impose un taux d'endettement max à 35 % des revenus, plus restreint à 20 % sans apport. Les banques sont plus sélectives en 2026.

3. Concurrence et profils : Pour profils premium, taux à 2,90 % sur 15 ans, mais pour petits budgets, c'est 3,50 % mini.

Frais caché : Les pénalités de remboursement anticipé (3 % du capital restant) punissent si vous revendez vite votre bien.

Prévisions 2026 : L'Observatoire Crédit Logement table sur 3,40 % moyen, avec remontée possible si BCE resserre.

Facteur influent Impact sur taux 2026 Exemple concret
Taux BCE Hausse si > 2,3 % +0,1 point sur prêts
Inflation Maintien hauts Objectif BCE 2 %
OAT 10 ans Référence directe 3,60 % actuel
Verdict pour un petit budget Surveillez BCE pour timing Attendre si possible

Exemple concret

Marie, 32 ans, aide-soignante à Lille, gagne 1 800 € net/mois. Avec un petit budget de 400 €/mois pour un prêt (endettement 22 %), elle vise un studio de 50 000 € avec 5 000 € d'apport.

Sur 20 ans à 3,31 %, mensualité : 250 € (assurance 0,36 % incluse). Total intérêts : 20 000 €. Si taux à 3,50 %, ça monte à 265 €/mois (+15 €), grignotant son budget courses.

Point de vigilance : Son reste à charge (1 400 €) doit couvrir loyer actuel + charges. Avec PTZ (prêt à taux zéro jusqu'à 40 000 € pour primo-accédants), elle économise 100 €/mois.

Calcul rapide : capacité d'emprunt = (revenus x 35 % x 12 x durée) / facteur actuariel. Pour elle : environ 65 000 € max.

Avis des experts

Approche prudente : Des économistes comme ceux de Crédit Logement conseillent d'attendre une baisse BCE fin 2026 si inflation ralentit, car une hausse de 0,3 point réduit la capacité d'emprunt de 5 % (soit 10 000 € sur 200 000 €). Pour petits budgets, évitez le surendettement avec taux hauts.

Approche opportuniste : Courtiers comme Pretto voient des opportunités pour profils solides : banques offensives sur primo-accédants, avec taux négociables sous 3,20 % sur 15 ans. Concurrence fait baisser localement (ex: 3,26 % Hauts-de-France).

Notre conseil : Avec 50-500 €/mois, priorisez durée courte (15 ans) et apport (10 % mini). Comparez 3 banques via courtier gratuit, et déléguez l'assurance. Si budget trop serré, louez et épargnez 100 €/mois en Livret A (taux 3 %).

Frais caché : Fiscalité sur plus-value si revente < 22 ans (jusqu'à 19 % + prélèvements sociaux).

Ce qu'il faut retenir

1. Surveillez les annonces BCE tous les mois et calculez votre capacité avec un simulateur en ligne pour anticiper.

2. Négociez assurance et frais, et visez un TAEG sous taux d'usure pour économiser 500 €/an.

3. Les banques sont bridées par usure et coûts : patience paye, mais agissez si profil solide en 2026.

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Idris Nuguse

Idris Nuguse

Autodidacte en finance depuis 10 ans, je me prépare une retraite anticipée grâce à l'épargne intelligente. Je décrypte l'actualité économique pour vous.